MORGANS

Publié le par SWORM

Les Mari-Morgans sont hommes et femmes. Les hommes s'appellent Morgans, Morganed. Les femmes Morganès, Morganezed, pluriel de Morganès. Ils ont de nombreux points de ressemblance avec les Sirènes, et vers la fin du XIXème siècle, on les confondait généralement avec elles, bien qu'ils n'eussent pas le corps terminé en poisson et ne fussent pas agressifs.
A cette époque on voyait souvent les Morganezed jouer, folâtrer, se coiffer, filer sur le sable fin ou sur les goémons du rivage ; elles offraient des peignes d'or et d'ivoire et des « quenouilles qui ne diminuaient jamais » aux jeunes filles qui les saluaient gentiment. Elles faisaient aussi sécher au soleil, sur de belles nappes bIanches, des trésors de toutes sortes. On jouissait de leur vue tout le temps qu'on restait sans remuer les paupières, tout disparaissait au premier battement de cils.
Les Mari-Morgans ont toujours eu l'étroits rapports avec les humains. C'est dans leurs palais de verre et de corail qu'ils attiraient ceux qui répondaient à leurs amours, comme on le voit dans ce récit qui contient tous les accents de la sincérité, recueilli par l'infatigable F.M. Luzel sur l'ile d'Ouessant en 1873, date ou les Morgans pullulaient dans la région. bien qu'on en signale toujours aux environs de Crozon :
Une jeune fille était sur la grève avec ses compagnes, et comme elles parlaient de leur amoureux, Mona déclara qu'elle était aussi belle qu'une Morganès, et qu"elle n'épouserait qu'un seigneur ou un Morgan.
Un vieux Morgan, qui était caché dans les rochers, l'entendit et, se jetant sur elle, l'emporta au fond de l'eau ; c'était le roi des Morgans, et son palais était plus beau que toutes les habitations royales qu'il y a sur la terre. Son fils devint amoureux de Mona et pria son père de la lui donner en mariage, mais il refusa, et le força à se marier avec une Morganès. Les fiancés se mirent en route pour il église, car ces hommes de mer ont aussi leur religion et leurs églises sous l'eau, bien qu'ils ne soient pas chrétiens ; ils ont même des évêques à ce que l'on dit. Mona reçut l'ordre de rester à la maison, pour préparer le festin ; mais on ne lui donna que des marmites vides, qui étaient de grandes coquilles marines, et on lui dit qui si tout n'était pas prêt pour un excellent repas on la mettrait à mort. Le fiancé, feignant d'avoir oublié son anneau, s'enfuit et courut tout droit à la cuisine où, en prononçant quelques mots et en touchant successivement les objets, il produisit un repas, tout ce qu'il y avait de plus beau. Le vieux Morgan dit à la jeune fille qu'elle avait été aidée, mais qu'il ne la tenait pas quitte. Lorsque les mariés se retirèrent dans la chambre nuptiale, il ordonna à Mona d'y entrer, de prendre un cierge allumé et de l'avertir quand il serait consumé jusqu'à sa main. Lorsqu'il fut près de s'éteindre, le jeune Morgan dit à sa femme de tenir un moment le cierge de Mona et quand on eut appris au vieux Morgan qu'il était consumé il entra et, sans regarder, abattit ,un coup de sabre celle qui tenait le cierge. Au point du jour, le Morgan vint dire à son père qu'il était veuf, et lui demanda la permission d'épouser la fille de la terre. Le mariage eut lieu, et le jeune Morgan était rempli de prévenances pour sa femme. Malgré cela, Mona avait envie de retourner chez ses parents ; mais son mari ne voulait pas la laisser partir, car il craignait qu'elle ne revînt pas. Comme il la voyait triste, il lui fit un jour . " Suis-moi, et je te conduirai la maison de ton père. " Il prononça un mot magique, et aussitôt parut un beau pont de cristal, pour aller du fond de la mer à la terre. Le vieux Morgan voulut suivre les deux époux ; lorsqu'ils furent mis pied à terre, le jeune Morgan prononça un mot, et le pont s'enfonça, entraînant avec lui le vieux Morgan au fond de la mer. Le mari de Mona lui recommanda de revenir au coucher du soleil, et d'avoir soin de ne se laisser embrasser ni même toucher la main par aucun homme. Elle oublia sa recommandation et perdit la mémoire de tout ce qui s'était passé depuis son départ pour le pays des Morgans. Cependant elle entendait souvent des gémissements et, une nuit, elle reconnut distinctement la voix de son époux qui lui reprochait de l'avoir quitté. Elle se rappela tout et trouva son mari qui se lamentait derrière la porte. Il se jeta dans ses bras et, depuis, on ne la plus revue. »

TAILLE : Sans être à proprement parler des nains, ils sont de petite taille, mais gracieux. On dit qu'ils ont les joues roses, les cheveux blonds et bouclés, de grands yeux bleus et brillants. Les plus vieux Morgans s'enorgueillissent de superbes et longues barbes blanches striées de fils d'or. Plus ils avancent en âge, plus les Morgans présentent de séduction et de vigueur sexuelle.

VETEMENTS : Les Morganezed s'habillent de longues robes de mousseline verte et légères, parsemées de perles fines et de poussière de corail. Des tiares lourdes de pierres précieuses couronnent leurs fronts. Vêtus de tuniques courtes et vertes, les Morganed se couvrent le torse d'adoubement à plaquettes d'argent lorsque, montés sur leurs blancs chevaux marins, ils se rendent au combat. Leurs casques en forme de conques s'empanachent de longues crinières de goémon retombant jusqu'aux reins.

NOURRITURE : Les Morgans élève un bétail marin : dugong ( alicore australis) ou « vache de mer, veaux et moutons dont ils mangent la chair et boivent le lait. Ils ne touchent ni aux poissons ni aux grands mammifères dont ils sont les alliés. Ils se nourrissent aussi de pain de safran

HABITAT : La Bretagne et plus rarement l'Angleterre. Ils demeurent  dans une contrée que la mer rendue solide par une puissance magique, enveloppe d'une voûte transparente, à travers laquelle on voit presque aussi bien que sur la terre. Elle contient des campagnes étendues où croissent des arbres et des plantes étranges, qui tiennent de la flore terrestre et de la flore maritime; de longues avenues conduisent à de beaux châteaux ornés de toutes les richesses de l'océan.

MoeuRS, ACTIVITES : Ils connaissent et s'adonnent aux sciences des enchantements. Ils ne chantent pas ainsi que les Sirènes
Mais jouent merveilleusement de la harpe marine. Pacifiques, nobles, ils relèvent cependant le gant chaque fois qu'on les a outragés. Ils recueillent et soignent les naufragés.

Publié dans Magie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article